© Joséane & cie

Comment oser créer

April 19, 2019

 

- Un article inspirant de Coralie Lemieux

 

 

J’ai abordé le mois dernier la dimension de « quand écrire », mais il en existe d’autres, notamment le COMMENT. Et je ne parle pas ici de la méthode d’écriture elle-même, mais du début.

 

Comment en arriver à mettre crayon sur papier (ou doigts sur clavier) et se lancer. Car oui, même après avoir créé du temps pour l’art, il y a encore tellement de barrières qui peuvent se dresser entre nous et nos buts. Il ne tient qu’à nous de les défoncer!

 

 

On écrit d’abord pour soi

 

Trouver sa raison de créer permet de fournir tangibilité au processus. Pour ma part, j’écris pour me dépasser, pour partager mes histoires avec les gens, pour rendre justice à la vie de mes personnages, mais aussi, et surtout : pour moi.

 

J’ai ce besoin de purger mon imagination, de couvrir des pages, car J’AIME ÇA, car ça me fait du bien, car c’est un côté rassurant de ma routine, celui sur lequel je possède le plus de contrôle (même si mes personnages vous diraient le contraire!), et aussi pour éviter que mon imaginaire débordant ne se venge de cette négligence et décide d’empirer le moindre détail de ma vie…

 

Les raisons abondent! Quelle est la vôtre?

 

Une fois que vous l’avez trouvée (ou les avez trouvées), je vous conseille de l’écrire sur une feuille bien en vue de votre lieu préféré pour créer. C’est si facile d’oublier des choses, surtout lorsque c’est pour soi! Ce qui m’amène à mon second point…

 

S’occuper de soi

 

Un proverbe que j’aime bien déclare que « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Comment peut-on offrir quelque chose à nos personnages et à l’univers si notre cœur ou notre esprit sont vidés ou remplis par les exigences de la société et du monde adulte? La création ne débute pas avec le premier mot. Il faut d'abord prendre soin de soi.

 

Pas de concentration? Vérifiez votre cycle de sommeil! Maux de tête? Un bon verre d’eau, une marche et une collation santé! Pas de motivation? C’est absolument permis de sauter un rendez-vous d’écriture pour se ressourcer! Un sentiment d’être perdu dans le désert? Notre équipe peut être l’oasis qu’il vous faut! Stress intense? Sport, méditation, yoga, les possibilités s’étalent à l’infini! La muse vous échappe? Joséane nous propose une brillante méthode pour la charmer, dans son article « Se faire une beauté pour être inspirée »!

 

On se répète toujours qu’il faut bien dormir, mieux manger, bouger plus, ralentir… C’est bon pour la vie en général, et ça l’est aussi pour l’écriture, qui est la vie également!

 

Accepter l’âge adulte

 

La transition d’adolescent à adulte n’est facile pour personne. Transférer la créativité est l’un des multiples défis de cette évolution. Si vous étiez un enfant imaginatif, vous vous rappelez sûrement ces longues heures passées à écrire, dessiner ou tout autre art, sans pression, à part finir vos devoirs.

 

Payer les factures et gérer la maison, ce sont les devoirs que l’enseignante-vie donne à l’adulte que vous êtes devenu.

 

La société d’aujourd’hui va vite, très vite, et personne ne s’étonnera que je le mentionne. Mais tout comme le temps pour écrire, suivre les exigences sociales à la lettre est également un choix.

 

Encore là, une vie heureuse nécessite de se poser les questions appropriées. Est-ce que les idéaux véhiculés de la famille active qui ne s’arrête jamais sont bons pour tous? Ultimement, c’est le bonheur qui peut déclarer ce qui est bien pour chacun.

 

Vous êtes-vous déjà interrogé à savoir: « Qu’est-ce qui me rend heureux? » et « Qu’est-ce que je veux dans la vie? » C’est un exercice qui peut se révéler difficile et même douloureux, mais qui permet d’établir ses priorités et d’aligner ses choix pour atteindre ses buts.

 

Comment jumeler vie et écriture?

 

Arrivée à la maison après une journée de travail = souper, lavage, vaisselle, ménage. J’en soupire juste à l’écrire. Mais c’est possible d’intégrer ceci à la routine créative. Personnellement, j’ai un peu de mal à me concentrer sur l’écriture si l'entretien de la maison n’est pas au moins débuté. Je me suis donc conçu une habitude pour avancer à la fois dans les projets de propreté et ceux de l’imaginaire.

 

Par exemple, je couche sur le papier mes chapitres et je les transcris ensuite à l’ordinateur, souvent le samedi. Je procède en alternance : deux pages sur le clavier, trente minutes de nettoyage de maison. Toutefois ceci fonctionne surtout si vous parvenez à simplement recopier sans éditer votre texte. Bref, ici, je vous propose une oscillation passion/devoirs ménagers!

 

Il y a aussi le facteur temps. Oui, c’est possible d’en trouver, mais pour certains, c’est difficile de s’installer pour écrire seulement quinze minutes. Ça prend un moment avant d’entrer dans la zone et c’est pratiquement impossible d’en sortir, surtout si les idées s’envolent lorsque vient l’heure d’aller travailler.

 

N’oubliez pas que la créativité est un muscle mental qu’il faut exercer. Pour ceux qui ont du mal à se concentrer rapidement, je propose un petit entraînement frustrant, mais efficace : prenez-vous un bloc de plusieurs heures (je sais, pas facile!), et débutez le compte à rebours. Après une période déterminée, trente minutes par exemple, forcez-vous à arrêter, notez brièvement vos idées sur une feuille, et allez faire autre chose. Revenez-y ensuite et répétez!

 

Plus vous déclencherez la création, plus le bon état d’esprit vous viendra aisément, à la demande!

 

Si vous décidez d’essayer l’écriture matinale, assurez-vous de mettre votre alarme au moins quinze minutes avant de devoir partir travailler. Par expérience, quand vient le temps de dire « au revoir » à son histoire, il est essentiel d’avoir un moment pour noter les idées avant qu’elles ne s’enfuient!

 

Vous pouvez aussi traîner un joli cahier inspirant avec vous pour consigner tout, tout, tout ce qui vous monte à la tête! Un concept décousu peut se greffer à un projet existant ou devenir un texte à part entière après une période de développement subconscient!

 

Éliminer les distractions

 

Qui, ici, peut se vanter de ne pas perdre des dizaines de minutes par jour sur les réseaux sociaux? Pas moi, en tout cas. La solution est pourtant si simple. C’est possible de désactiver les notifications des applications sur les cellulaires (ou même de le rendre silencieux si vous n’attendez pas d’appels urgents) et de fermer les pages Facebook sur l’ordinateur. Et au-delà de cela, je m’assure toujours de déposer mon cellulaire hors de ma portée quand je veux créer. Loin des yeux, loin du cœur!

 

J’ai d’ailleurs découvert récemment qu’on peut programmer l’application Facebook pour nous donner un rappel lorsqu’on a passé X minutes à parcourir le contenu du réseau. Belle façon de décrocher!

 

Enfin, avoir une pièce dédiée à l’écriture, lorsque possible, est la meilleure option. Décorée pour inspirer, confortable et ergonomique, de préférence sans télévision, vous y trouverez un petit sanctuaire pour votre artiste intérieur!

 

Se donner le droit

 

Au-delà de toutes les contraintes de la société, il y a, en plus de ça, un concept que bien des gens qualifient ainsi : le saboteur. Une grande majorité d’écrivains sont assaillis par cette petite voix intérieure qui mine leur travail, leur crédibilité, leur droit à exercer leur passion. Et même si cette voix sert à se protéger, parfois, il faut faire face à ce qu’on veut, sans bouclier. Sortez de votre cachette et osez créer, même si votre saboteur vous hurle le contraire!

 

Oui, il y aura des lecteurs insatisfaits. Oui, il y aura des refus.

 

Mais non, ce n’est pas, ce n’est JAMAIS, une raison de renoncer. Lorsqu’on écrit pour soi avant tout (oui, je reviens au « pourquoi j’écris » du début), nous sommes notre premier public.

 

Et puis, n’oubliez pas qu’un texte n’est pas obligé de devenir un livre publié. Vous pouvez même avoir plusieurs versions d’un livre : une pour vous, une pour les lecteurs. Au final, chaque mot esquissé est une marche vers l’amélioration et la réalisation. Personne n’est né avec un best-seller entre les mains!

 

Je vous laisse avec cette phrase à méditer: les défis créés par le saboteur rendent encore plus douces chacune des victoires contre lui!

 

 

 

 

 

 

Coralie Lemieux

 

Collaboratrice chez Joséane & cie

 

 

 

Découvrez nos services aux écrivains ici: 

www.joseanecie.com/ecriture

 

 

 

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