© Joséane & cie

Inventer du temps pour écrire

March 19, 2019

 

Voici la belle plume de Coralie Lemieux, une collaboratrice chez Joséane & cie ! Inspirante par sa capacité à créer du temps pour écrire — entre autres —, elle nous livre ici réflexions, astuces et conseils pour lutter contre les sables mouvants du temps. Ce fameux temps qui, on le sait bien, nous glisse trop souvent entre les doigts !

 

Inventer du temps pour écrire, par Coralie Lemieux

 

Il n’y a pas que dans les histoires qu’il faut prendre en considération les aspects «qui», «quoi», «quand», «où» et «pourquoi». Le processus d’écriture lui-même exige une dimension spatio-temporelle et des questions parfois ardues pour l’écrivain en devenir.

 

Je me suis fixé le but d’atteindre 10 000 mots en format Word de nouveau matériel chaque mois. Ceci équivaut à environ trente pages. Et depuis octobre 2016, j’ai réussi à atteindre mon but trois fois sur quatre. Et encore, parfois je dépasse largement mon minimum et mon record absolu se tient à 44 000 mots (environ 147 pages). Ceci sans compter les heures de lecture, relecture et révision de mes textes précédents.

 

Tous ceux à qui je mentionne mon défi routinier m’interrogent, renversés : «Mais comment fais-tu pour trouver le temps d’écrire tout ça ?» Et la réponse est bien plus complexe que de simplement dire que je m’assois et que j’écris.

 

J’ai la chance d’avoir un travail principal de jour, à horaire fixe, de 32,5 heures. Je demeure à dix minutes de marche de mon travail. Je n’ai pas d’enfants (à part mon trio poilu). Mon conjoint travaille rarement dans les mêmes plages horaires que moi. Et nous sommes très, très, sédentaires, pour ne pas dire sauvages.

 

Mais même en omettant tous ces critères, c’est possible d’introduire l’écriture dans une routine quotidienne bien occupée !

Réveil, routine et remue-méninges

 

Si vous trouvez que vous êtes déjà à bout de souffle dans votre vie actuelle, ce pourra être difficile de trouver le temps d’écrire. Mais certains compromis peuvent être faits pour y arriver.

 

Mes quarts de travail commencent à 8 h 30 et je n’ai besoin que de dix minutes pour me rendre au bureau. Malgré ça, mon cadran résonne à 5 h 45 tous les matins de semaine. Pourquoi ? Parce que c’est l’un de moments productifs pour moi, que j’ai découvert avec essai et erreurs. Je me lève, je saute hors du lit même, pour aller écrire. Les ténèbres de la nuit sont encore présentes, remplies de promesses et de potentiel. Lors d’un bon matin, je peux écrire facilement quatre pages avant de commencer à me préparer pour le travail. D’autres fois, seulement une. Et dans certains cas, je prépare un plan, je relis une histoire… ou j’abandonne et je prends un bon livre pour m’inspirer !

 

Le secret ? La constance.

 

Les humains sont des créatures qui aiment la sécurité de la répétition. Créer une habitude de création à une telle heure est l’une des choses qu’on peut faire pour convaincre son cerveau de se mettre en marche. Même si au début il ne s’agit que de quelques lignes au sujet de la désastreuse idée de sortir des draps chauds pour se frotter à une muse glaciale.

 

Avoir un projet en cours aide beaucoup également, car il est plus simple de sauter sur un train en marche que de pousser la locomotive à bout de bras avant même le premier café.

 

Évidemment, ce n’est pas tout le monde qui est bien réveillé le matin. Ce moment privilégié peut être n’importe quand dans la journée, mais il sera plus efficace lors de période de solitude concentrée… ou à l’inverse, d’écriture en groupe, par exemple les jeudis soirs à 18 h 30 !

 

Maximiser les opportunités

 

Le souper qui cuit, le transport en commun, une pause au travail, tous les moments d’attente sont bons pour mettre des mots sur le papier. Plusieurs personnes n’ont pas des heures à consacrer à leur hobby, mais tous ces instants mis bout à bout permettent de développer l’écriture et la capacité à la faire surgir n’importe quand, comme lorsqu’on ouvre un robinet.

 

Pour ceux qui utilisent un agenda ou un calendrier, vous pouvez les utiliser pour vous bloquer une période réservée à l’écriture : un rendez-vous avec soi ! C’est plus concret lorsqu’on le voit et cela peut aussi faire office de rappel !

 

Parlant de concret, rendre l’écriture tangible est une autre façon de ne pas l’oublier. Personnellement, j’utilise des tableaux blancs pour me laisser des notes de mes buts généraux et je me fais une « grille de bingo » pour mes objectifs du mois. Chaque chapitre écrit me donne une case à colorier ! Mais ce pourrait être un collant d’étoile, un bonhomme sourire, n’importe quoi qui ravirait votre écrivain — et enfant — intérieur !

 

Préciser le but de la démarche

 

L’écriture est différente pour chacun. Que ce soit un hobby mensuel, un dialogue avec soi, une façon d’expulser les sentiments refoulés, ou un rêve de carrière, il est bon de savoir ce qu’on veut en faire.

 

Quelqu’un qui veut écrire quand l’inspiration vient, même si ce n’est qu’une fois par mois, ne doit pas se sentir coupable pour autant. Personne ne force qui que ce soit à produire. C’est le but ultime qui dictera le chemin à prendre.

 

Si votre but est de publier un livre ou même d’un jour vivre de votre plume, alors l’engagement face à l’écriture devient plus grand, ce qui nous mène à…

 

Des choix potentiellement déchirants

 

J’hésite à utiliser le terme «sacrifice» pour cette section, car il a une connotation négative, mais c’est un mot aussi bon que d’autres.

 

Trouver le temps pour écrire peut nécessiter parfois de faire des choix et de dire non à la famille et aux amis. Je suis partie en voyage solitaire à Montréal durant le temps des Fêtes pour écrire et réfléchir à mes livres. J’ai refusé un 5 à 7 avec mes collègues la semaine dernière pour mettre des mots sur le papier. J’ai déplacé tous mes engagements pour récupérer cette monnaie d’échange évasive qu’est le temps.

 

Pour moi, ce ne sont pas des sacrifices. On me dit parfois que les gens que je mets de côté ne seront pas toujours là et que je devrais les voir pendant que j’en ai encore la chance. À ceux-là, je réponds que chaque heure que je passe à ne pas écrire, je ne pourrai jamais la récupérer.

 

J’ai choisi que l’écriture soit la chose la plus importante pour moi en dehors des besoins essentiels. Et à ceux qui me disent que je suis toujours seule et que ce n’est pas une vie…

 

Je ne suis jamais seule! ;)

 

En conclusion, une vie est faite de choix et personne ne peut vous juger pour ce que vous faites de votre temps. Votre vie est la vôtre. Et si vous décidez d'écrire, bienvenue dans la famille d'écrivains de Joséane & cie !

 

 

 

 

Coralie Lemieux

 

Collaboratrice chez Joséane & cie

 

 

 

Découvrez nos services aux écrivains ici: 

https://www.joseanecie.com/ecriture

 

 

 

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