© Joséane & cie

Les 5 peurs fondamentales de l'écrivain

March 10, 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À l’ère des tutoriels YouTube, je me suis dit qu’il était temps de montrer ce qui se passe vraiment tout au long du processus d’écriture. Bon… le montrer avec des mots, pas des vidéos ! Ce mois-ci, je lance le bal des révélations sur les blocages de l'écrivain. Je parie que vous vous y reconnaîtrez ! Ma mission : vous rassurer et vous inspirer pour que vous puissiez, comme moi, dépasser ces blocages créatifs.

 

 

Le blocage no 1 selon moi : la peur

 

 

​​Avoir peur, voilà pour moi le plus grand de tous les blocages d’écrivain ! Voilà ce qui bloque le flot des mots.

 

Avant de plonger dans la peur du créateur, je me suis posé cette question : qu’est-ce que la peur ? Selon mes sources encyclopédiques, c’est une émotion pénible — vous en conviendrez ! — qui nait de la prise de conscience d’un danger. La peur nous saisit dans une situation précise pour nous pousser à réagir.

 

Par exemple, face à un mammouth, l’instinct de l’humain préhistorique déclenche un mécanisme de survie : une peur instantanée qui le fait lutter ou fuir pour sa vie

 

Les mammouths ne menacent plus les créateurs depuis des siècles. Ils sont bien à l’abri à l’intérieur de leur cocon de création, avec leur café et leurs cahiers. Non, les mammouths ne courent plus nos rues, mais ils peuplent encore nos mondes intérieurs. Explorons ces peurs imaginaires et pourtant si concrètement douloureuses. Des peurs qui naissent de nos pensées et qui nous limitent.

 

Voici ma vision des 5 peurs fondamentales tirées d’un article de blogue de Roger Lannoy. Je les ai transformées pour les appliquer aux peurs de l’écrivain. Je suis convaincue qu’il en existe mille autres, mais commençons par une première bouchée pour mieux se comprendre !

 

 

LES 5 PEURS FONDAMENTALES DE L’ÉCRIVAIN

 

1. La peur de manquer de temps

 

Est-ce que ça vous est déjà arrivé d’avoir peur de manquer de temps pour écrire ? De voir l'horloge se déconstruire comme dans ce tableau de Salvador Dali? De ne pas avoir assez de toute votre vie pour terminer votre projet ? Et, devant cette peur, de baisser les bras et de vous dire « À quoi bon ? » Moi oui !

 

Cette peur viscérale de manquer de temps m’a même poussée à refuser des emplois intéressants, mais chronophages. Des jobs qui auraient littéralement mangé mon temps de création. J’ai aussi décliné du bénévolat stimulant, des soupers entre amis et tout le tralala. Je me suis souvent sentie démunie face à cette impression de manquer, chaque jour, de précieuses minutes pour créer. Pour écrire ma trilogie.

 

Jusqu’à ce que je décide de voir les choses autrement. Ça s’est passé en 2017 pour être précise ! J’ai eu cette brillante perception un matin : si le temps manque, pourquoi ne pas CRÉER DU TEMPS ? J’ai ainsi commencé à me lever plus tôt le matin pour écrire et à me fixer des rendez-vous avec l’écriture. De vrais rendez-vous en tête à tête, que j’honore comme si ma muse m’attendait dans un café. Et ça fonctionne !

 

Créez l’abondance de temps dont vous avez besoin. C’est l’invitation que je vous lance ! Et pour le reste, ça prendra le temps que ça prendra. Tolkien a écrit Le Seigneur des anneaux en 16 ans. Vous pouvez vous permettre d’en investir 5 dans votre projet tout vous libérant du temps de vie. Parce que c’est aussi ça, écrire : prendre le temps de vivre et de nourrir son âme créatrice !

 

2. La peur du rejet

 

Si on écrit, c’est pour s’exprimer, se libérer, se rencontrer soi-même. Et, très souvent, on a peur de ce qui pourrait émerger de nos textes, de nos mots. On choisit précisément un thème qui nous fait mal, parce que l’écriture sert entre autres à nous guérir. À vivre l’heureuse catharsis (se purifier à travers la fiction).

 

Comme nous l’indique Bernard Werber : « l’inspiration vient d’une résilience. On souffre dans notre vie, donc on a besoin d’en parler par écrit. On veut prendre le monde à témoin. »

 

Bref, si on écrit, c’est qu’on a quelque chose à dire. Quelque chose qui ne sera pas nécessairement joli, mais qui exige d’être nommé. Et on fige. On veut le dire tout en ayant soudain peur de le dire. « Si ce que je découvre est trop laid ? Lourd ? Douloureux ? Si je n’arrive pas à vivre avec ces mots écrits de ma propre main ? » Ou pire — c’est selon — si mes lecteurs et critiques me rejetaient à cette lecture ?

 

Être le juge de soi-même mène à la peur de se dévoiler, ça bloque l'écriture.

 

J’en sais quelque chose ! Combien de fois ai-je craint d’aborder de plein fouet le thème de la guérison ? Pour vous donner une idée, dans mon tome 1, mon personnage principal, Iss Énée K, n’est admise à l’Institut de Santé Intégrale seulement qu’au chapitre 23. Après plus de 100 pages de textes ! Alors que c’est l’enjeu même du récit. Simplement parce que c’était plus facile pour moi de remplir plein de pages sur tout ce qui précédait son admission. Beaucoup plus facile que de plonger dans mon thème principal : guérir. Guérir de toutes les façons possibles.

 

J’avais peur de rejeter mes propres écrits. Peur, aussi, que les lecteurs ne voient qu’immaturité et imposture dans ces propositions de guérison. « Qui suis-je pour écrire sur ce sujet ? » C’était une question récurrente.

 

Je suis heureuse de vous annoncer que depuis que je suis entrée dans l’univers de l’Institut de Santé Intégrale, j’ai apprivoisé petit à petit ce grand thème fondamental. Doucement, sans prétention. Comme on se lance dans un atelier de journal créatif : sans attente de résultat. Ça demeure pour moi la meilleure option pour déjouer la peur du rejet. Accepter ce que je crée sans le juger. Sans essayer d’être bonne. Juste pour aller voir ce qui se cache là. Après, avec la réécriture, j’en ferai quelque chose qui pourra survivre à la critique parce que je l’assumerai !

 

3. La peur d’être publié et lu

 

 

Il y a autant de raisons d’écrire que de raisons de publier, croyez-moi ! Mais l’un des points communs aux auteurs est encore et toujours de goûter, un jour, au plaisir de voir son nom sur la couverture d’un livre. De trouver là, un livre à soi, en plein centre d’une librairie bondée de lecteurs affamés !

 

On écrit et on espère que notre voix sera entendue. Lue. Ça nous excite et nous effraie. C’est comme ce rond de poêle que notre mère nous déconseille de toucher quand on est petit. On sait que c’est dangereux, mais on a tellement le goût d’y toucher, quitte à se brûler. Quitte à avoir mal.

 

Je vous confirme, pour avoir suivi des auteurs qui ont publié après avoir collaboré avec moi, que cette peur d’être publié persiste même quand son livre est dans le calendrier éditorial d’une grande maison d’édition. On a reçu le « Oui, votre manuscrit est accepté » et on est passé à travers toutes les étapes de réécriture. On est solide, accompagné. Et pourtant on a quand même peur. « Qui suis-je pour élever ma voix ? Pour me faire entendre ? »

 

Reconnaitre sa propre valeur est primordial pour aller jusqu’au bout de l’aventure de l’édition. Et toi ? Est-ce que tu considères que tu mérites d’être lu ?

 

Perso, je travaille là-dessus ! Mon cercle littéraire, avec qui j’échange mes textes chaque mois, m’aide énormément à me construire à ce sujet.

 

4. La peur de laisser aller son bébé

 

 

Beaucoup d’auteurs parlent de leurs livres comme étant leurs bébés, leur progéniture, leur sang. Imaginez tout ce qu’ils ont à perdre si le fruit de leurs entrailles est repoussé. C’est énorme. Ça fait mal.

 

En plus, une fois sur les tablettes, une fois dans les mains des lecteurs, votre livre ne pourra plus être défendu par vous. C’est atroce. Bye bye l’adrénaline qui pousse une mère à s’accrocher à une voiture en marche pour sauver son enfant ! Si votre livre est votre enfant, sachez qu’en l’offrant au monde, vous acceptez de le livrer tel quel. Il sera vulnérable, sans défense.

 

Elizabeth Gilbert m’a suggéré — OK, à moi et à tous ses lecteurs de Comme par magie ! – de me libérer de cette image. Après tout, selon elle, une œuvre n’est qu’une décoration intracrânienne. Le paradoxe, c'est qu'elle peut être magnifique, porteuse de sens, transformatrice. Mais au final, c’est de la décoration, pas un enfant de ma chair.

 

N’est-ce pas que ça fait du bien de se faire dire ça ? Voici comment j’aborde maintenant ma peur de laisser aller mon bébé de mots : au pire, cette décoration sera oubliée et délaissée et, au mieux, elle aura enjolivé l’esprit d’un lecteur. Et moi, je serai toujours et encore moi, intacte, car je ne suis pas mon œuvre.

 

5. La peur de ne pas être à la hauteur

 

 

Malgré tout, vous ne voulez pas vous faire traîner dans la boue par tous les critiques littéraires et lecteurs de ce monde ?

 

 

Je vous comprends ! Je vis la même chose. Mon souhait le plus cher est d’être à la hauteur. D’écrire un roman qui saura nous émerveiller moi et mes lecteurs. Ce souhait est si précieux qu’il me bloque. Parfois. Souvent. Tout le temps…

 

Je crois que c’est parce que je veux être à la hauteur qu’un de mes amis du cégep, le prolifique et prodigieux Joseph Elfassi, a déjà publié deux romans tandis que j’en suis encore à réécrire mon tome 1. Je planche là-dessus depuis 5 ans. Je questionne, bifurque, rature, refait, remâche et jette aux poubelles ce qui aurait sans doute déjà pu faire l’objet d’un tome 1. Je veux que ce soit bon quand ce sera publié. Que ça me dépasse, même !

 

Je ne sais pas vous, mais je vois très bien comment cette volonté idéaliste me freine. À un moment donné, il va falloir que j’ose, que je sorte de ma zone de confort et que j’accepte que ce roman ne sera jamais parfait. Just do it!

 

Après tout, comme le dit si bien Elizabeth Gilbert dans Comme par magie, «de toute façon, personne ne pense à (moi). Pas plus aujourd’hui qu’hier. Les gens pensent surtout à eux-mêmes. Ils n’ont pas le temps de se demander ce que (je fais) ou si (je) le réus(sis), parce qu’ils sont bien trop préoccupés par leurs petits drames personnels. » N’est-ce pas libérateur d’avoir le champ libre !?

 

 

POURQUOI AVOIR PEUR ?

 

La psychologue clinicienne Anne-Bénédicte Damon nous rappelle que « la peur, comme toutes les autres émotions, est fondamentalement de l’information. Elle nous procure des renseignements sur notre état psychobiologique ». Si nous écoutons ce que nous dit notre peur, nous arrivons à mieux nous comprendre. À mieux guérir et libérer ce qui coince.

 

Dans son retentissant best-seller intitulé Conversation avec Dieu, Neale Walsch nous dit quant à lui que la peur et l’amour sont les deux émotions fondamentales de l’humain. Remarquez bien : pas l’amour et la haine. L’amour et la peur… Je vous laisse méditer là-dessus !

 

Si vous me posez la question à moi, Joséane l'écrivaine et entrepreneure, à quoi sert la peur ? Je vous répondrai que je vis la peur comme une prise de conscience. Un éclairage. Quand j’éprouve de la peur, je réalise à chaque fois que c’est parce qu’il y a quelque chose d’important en jeu pour moi.

 

J’ai peur d’écrire ? C’est parce que je tiens à écrire. C’est précieux. Vital. Viscéral. Alors je fonce. Précisément parce que j’ai peur. Je suis en train de construire mon propre mythe, de me transformer de Joséane Toulouse en Joséane Nothing To Loose ! ;)

 

 

COMMENT SE LIBÉRER DE LA PEUR ?

 

Roger Lannoy nous dit dans son article que «la bonne nouvelle, c’est que la peur n’est qu’un état d’esprit. Et un état d’esprit, c’est quelque chose qui se contrôle. À chaque peur, vous avez la solution pour la surmonter. »

 

Voici, en vrac, mes pistes personnelles pour libérer ces peurs qui entravent mon épanouissement d’écrivaine.

 

Est-ce que je vous ai dit que j'adorais tout ce qui touche à la guérison ? ;) Suivez, comme moi, ces illustres explorateurs de l’être humain libéré !

 

Vivre sa créativité sans la craindre : Elizabeth Gilbert

Enseignante spirituelle et auteure : Marianne Chouinard

Le pouvoir des neurosciences sur soi : Isabelle Fontaine

L'hypnose pour se libérer : David Lefrançois

 

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Joséane Toulouse est écrivaine, coach littéraire et blogueuse, entre autres! Elle vous livre ses défis et ses victoires dans ce blogue coloré.