© Joséane & cie

Petit guide de survie pour écrire dans la joie au printemps

March 25, 2018

 

Pour moi, le printemps, c’est décapant ! Tout comme la glace sur les trottoirs, mes peurs dégèlent. Le soleil irradie tous les neurones de mon cerveau et fait bourgeonner des centaines d’idées. Mon corps a le goût de quitter son cocon douillet. L’écrivaine se transforme en comédienne. « Elle est où, cette scène où je pourrais incarner les mots ? »

 

Mais surtout, au printemps, j’ai le goût de créer. De faire des projets. Des bébés. J’ai envie de mettre au monde des projets que j’ai créés !

 

C’est une effervescence qui m’énergise. C’est merveilleusement délicieux ! Mais ça peut aussi être étourdissant et frustrant. « Je la canalise comment, ma soif de renaître dans l’écriture ? »

 

Je vous partage ici mon petit guide de survie pour écrire dans la joie au printemps.

 

Méthode de survie no 1 : voir et aimer son propre cycle de la créativité

 

Êtes-vous toujours d’humeur et d’énergie égale ? Non ? Je sais pourquoi : nous sommes des êtres cycliques, comme la nature et tout ce qui existe dans l’univers. La Terre a ses saisons, tout comme la femme a ses raisons ! La créativité, elle aussi, a ses cycles.

 

C’est précisément pour cela que vous alignez 25 pages une semaine et deux la semaine suivante. Votre cycle a changé. Vous n’êtes plus dans le moment magique de l’expression de soi qui correspond aux phases d’étincelles, de naissance et de point culminant. Vous êtes entré dans l’autre facette du cycle. Celle de la stagnation, du déclin et de la mort. Soudain, ce n’est plus un besoin — sauf peut-être cérébral — de sortir des mots de vous. Ce qui importe, c’est de vous retrouver. Quel moment parfait pour vous nourrir de nouvelles inspirations !

 

Dans le cycle vie-mort-vie de la créativité, chaque phase apporte son lot de bonheurs et de douleurs. C’est vrai, après tout, que se lever à 2 heures du matin pour pondre ces pages qui l’exigent, ce n’est pas de tout repos ! Et c’est vrai aussi que renoncer à produire, ne serait-ce que pour un moment, c’est parfois inquiétant. « Non, mais, est-ce que je vais seulement être capable d’écrire une page un jour ? »

 

La réponse est « Oui ! » Toujours. Mais avant de faire sortir la magie de tes entrailles, mange. Comme dirait ma mère : « Maintenant que tu as mis tous les ingrédients dans ta soupe, laisse mijoter. »

 

Votre mission, si vous l’acceptez, est de vous situer dans votre cycle de la créativité. C’est fait ? Maintenant, apprenez à en tirer le meilleur. Pour en savoir plus sur le cycle de la créativité, je vous invite à lire la fabuleuse Clarissa Pinkola Estes, dont est inspiré cet article de blogue de libellulune.

 

Méthode de survie no 2 : accepter de flirter avec de nouveaux textes

 

Je suis loyale en amour et en amitié, mais je réalise avec l’âge — oui oui, ça commence à être sage une femme de 33 ans ! – qu’être loyale en écriture ne mène nulle part. C’est vrai ! Pendant 4 ans, je n’ai écrit que mon roman. Mon tome 1. J’avais une idée ? Je la rentrais dedans de force. J’avais une pulsion d’écrivaine ? Je trouvais le moyen de l’exprimer dans ce texte unique. Mais des fois, il n’y avait juste pas moyen. Donc je n’écrivais pas… Ou je déformais le fil conducteur de mon œuvre.

 

J’ai des frissons en pensant à toutes ces belles idées qui ont séché avant d’être exprimées. J’aurais pu me permettre un petit pas de côté pour les faire valser. J’aurais pu flirter un peu avec elles. Les écrire, les trouver sexy, puis les mettre de côté pour poursuivre ma grande histoire d’amour avec mon roman. Je ne l’ai pas fait, motivée par une sorte de romantisme littéraire étrange. «Franchement, je ne peux pas tromper mon roman !»

 

Qu’est-ce qui a changé ? C’est le printemps. Comme tous les êtres vivants, j’ai les hormones en ébullition. Pourquoi ne pas en profiter, comme moi, pour vous lancer dans une folle aventure de mots qui n’ont absolument rien à voir avec vos projets officiels ? Une petite idylle créative, ça vous allume ? Moi oui ! Et le plaisir que j’y trouve ne fait qu’amplifier mon amour profond pour mon roman.

 

Méthode de survie no 3 : sortir de la spirale qui consiste à s’imiter soi-même

 

 

Je sais, c’est si difficile de trouver sa voix. Son ton. Son unicité d’auteur. Tellement exigeant qu’une fois qu’on l’a trouvé, on a une petite tendance à vouloir le reproduire d’un texte à l’autre. Époustouflante compétence transversale.

 

 

Vos lecteurs adorent votre prose lyrique ? Vous foncez donc dans cette direction en oubliant toutes les sorties d’autoroute qui se présentent en route. Bye bye l’humour, la légèreté, l’insolence. Pourtant, je suis convaincue que si vous cessiez de vous imiter vous-mêmes, ne serait-ce que le temps d’un flirt avec un autre texte, vous découvririez qu’il y a autre chose en vous que des larmes poétiques.

 

Essayez-le ! Quittez ces pantoufles qui vous vont à ravir et essayez des escarpins à paillettes. Vous pourriez être surpris de vos découvertes sur vous et votre plume ! Après tout, une plume, ça a été conçu pour voler, non ? Lancez-vous dans le vide et testez de nouvelles façons d’écrire, comme ça, pour le plaisir. Peut-être que vous êtes une mésange et un aigle royal !

 

Printemps = renouveau. Go !

 

Méthode de survie no 4 : aller dehors et écrire en marchant au soleil

 

Qu’on se le dise : il n’y a pas de meilleure lumière que le soleil du printemps ! C’est le grand retour de la vitamine D absorbée à même la peau. Woo hoo ! Alors, enfilez votre veston et déambulez. Sortez dehors. Seul. Et laissez vos pas vous plonger dans ce délicieux état méditatif qui nous fait oublier tous nos problèmes.

 

C’est précisément quand notre mental est en paix que notre muse, notre génie créatif, réussit enfin à nous parler. Surtout, ne me croyez pas, testez-le ! Marchez. Marchez en ville ou en forêt et laissez votre créativité vous émerveiller.

 

J’ai trouvé des centaines de répliques et d’astuces pour déjouer un nœud narratif en marchant. C’est une technique testée et approuvée ! N’oubliez pas votre carnet d’idées.

 

Méthode de survie no 5 : savourer des soirées causettes sur ses projets littéraires

 

 

Le printemps, ça me donne aussi le goût de passer des soirées à discuter. Pas avec un ordinateur ni un cahier. Avec des humains ! Alors j’ai découvert une excellente façon de combler tous mes désirs : jaser de mes projets d’histoires avec des complices. J’ai même commencé à nous enregistrer avec mon cellulaire !

 

C’est très riche, échanger. L’idée de l’autre nourrit la mienne, qui lui en infuse une nouvelle, et ainsi de suite jusqu’à minuit un mardi. Après, je laisse mijoter et je ponds un texte entièrement de moi, avec une pensée d’amour pour mon complice. Comme le dit le proverbe africain : « Seul, on va plus vite, mais ensemble, on va plus loin. »

 

Voilà pour mon petit guide de survie pour écrire dans la joie au printemps. Partagez votre expérience de ces méthodes !

 

www.joseanecie.com | Libérons l'écriture, un auteur à la fois!

 

 

 

 

 

 

Joséane Toulouse est écrivaine, coach littéraire et blogueuse, entre autres! Elle vous livre ses défis et ses victoires dans ce blogue coloré.

 

 

 

 

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